Les questions de la vie après la mort, comme de la destination de l’âme après la mort, sont des interrogations philosophiques qui ont occupé l’être humain depuis des millénaires. Déjà à la Préhistoire, le souci d’enterrer ses morts, de leur offrir une sépulture spécifique, témoignait d’un questionnement sur le devenir des morts. Ces inhumations, à l’origine collectives, remontent entre 100 000 et 400 000 ans avant notre ère, le mystère de l’âme après la mort préoccupe donc l’Homme depuis très, très, longtemps. Evidemment, toutes les traditions religieuses et croyances philosophiques n’ont pas apporté la même réponse à la question : “y-a-t’il une vie après la mort ?”. En fonction des différentes conceptions, les cultes ont généralement adapté leurs rites funéraires: ainsi la toilette rituelle du défunt, ou encore le fait de le veiller dans les dernières heures qui précèdent la mort et les premières heures qui la suivent, sont typiquement des actes destinés à le préparer pour l’au-delà. Il faut aussi noter que les divers spécialistes et courants religieux se divisent parfois très fortement sur cette question centrale de la vie après la mort. Enfin, s’il existe des similitudes entre les multiples croyances développées par les hommes au cours de l’Histoire, il faut noter l’exceptionnelle richesse des théories sur l’âme après la mort. Tour d’horizon pour mieux les connaître.

Dans le christianisme

Evidemment, la vie éternelle occupe une place centrale dans les concepts chrétiens. Elle fait partie du fameux credo qui est à la base de la foi des croyants. La résurrection de Jésus-Christ est un événement majeur, sinon le principal, de la Bible. « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » promet ainsi l’Evangile selon Jean. Pour accéder au Paradis et au Royaume des cieux, il est cependant nécessaire de subir le Jugement dernier. La question de l’âme après la mort est si essentielle dans le christianisme que l’on a longtemps fait baptiser les bébés à la naissance pour éviter que leurs petites âmes finissent dans les Limbes. 

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Dans les tribus indiennes d’Amérique

Les Amérindiens ont une conception particulièrement originale de la vie après la mort, puisqu’elle est…quasiment identique. En effet, il ne s’agit pas à proprement parler d’un paradis où va l’âme après la mort mais de la “terre des chasses fortunées”. Sur ces terres, les âmes des hommes et des animaux se retrouvent, à l’exception de ceux dont le comportement justifie qu’ils soient évincés. S’y déroulent des chasses abondantes et des festins qui réunissent les âmes. 

Dans le judaïsme

Le judaïsme se distingue par une incroyable multiplicité de mots pour désigner l’âme. Car c’est bien l’âme qui est au coeur de la réflexion. La mort marque le début d’une élévation vers le monde des âmes, par opposition à ici-bas. Cette âme n’est pas déconnectée du corps dans les douze mois qui suivent la mort, elle le contemple et voyage autour de lui. La rétribution des bonnes et mauvaises actions s’opère selon les lois de Noé pour les non-juifs,véritable éthique applicable à tous, et bien sûr selon les lois de la Torah pour les juifs. 

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Dans l’Islam

S’il y a consensus pour dire qu’en Islam, il existe un enfer et un paradis (Al Janna, avec sa plus haute demeure, le Firdaws), certains théologiens débattent de la possibilité de voir Dieu lors de l’arrivée dans ce paradis, ou simplement sa lumière. Le plus passionnant dans la tradition islamique est la description des étapes qui suivent la mort. Où va l’âme après la mort ? D’abord dans la maison des âmes, dans l’attente de la fin du monde et du Jour du jugement. C’est ce jour, qui dure des dizaines de milliers d’années, qui déterminera si le croyant, accompagné de son livre où figure chaque bonne et mauvaise action, peut être admis au paradis. 

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Dans les traditions asiatiques

Le concept d’immortalité recouvre des formes très différentes dans les traditions asiatiques, parfois mal connues en Occident. Le bouddhisme a posé à l’origine l’idée de plusieurs destinées possibles après la mort. La rétribution conduit à retrouver la forme d’un damné aux enfers, d’un animal, d’un dieu, ou encore d’un homme. C’est un processus long, que l’on retrouve bien sûr dans l’hindouisme avec le concept bien connu de karman, et là encore la nécessité de se réincarner des dizaines de millions de fois pour devenir un homme. Le taoïsme possède son originalité propre puisqu’il pose surtout l’existence de plusieurs catégories d’immortels, avec la possibilité de s’élever jusqu’aux cieux parmi les esprits. 

Le courant de la Libre-pensée

Courant philosophico-politique très implanté en France, la Libre-pensée tire son nom de textes de Victor Hugo. La Libre-pensée rejette les dogmes, dont les dogmes religieux, et s’est fortement imprégnée d’anti-cléricalisme, notamment lors des débats autour des grandes lois laïques de la fin XIXème début XXème siècle. Toutefois, on retrouve dans le courant libre-penseur des mouvements aussi différents que l’anarchisme, qui proclame “Ni Dieu Ni Maître”, ou la franc-maçonnerie qui a longtemps reposé sur la notion de “Grand architecte de l’univers”. De même, entre athées radicaux et agnostiques qui cultivent le doute sur l’existence de Dieu, les opinions sur la vie après la mort peuvent diverger. 

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Les expériences de vie après la mort

La Science s’intéresse de plus en plus à la question de la vie après la mort. Elle ne la pose pas par l’interrogation “où va l’âme après la mort ?”, mais plutôt en observant ce qu’on appelle les EMI ou “expériences de mort imminente”. En effet, depuis plusieurs décennies, des personnes sujettes à des arrêts cardiaques ou autres pathologies susceptibles de conduire à réanimation, décrivent des scènes relativement semblables. Parmi ces scènes, il y a la vision de proches disparus, la proximité d’une immense lumière, auxquelles s’ajoutent souvent un sentiment d’absolue plénitude. Les scientifiques n’ont pas d’explication pour le moment, mais mènent des expériences, comme celles ayant révélé une activité cérébrale particulière chez des rats après leur décès. Côté scientifique, le transhumanisme est aussi une doctrine qui a pour projet d’abolir la mort, et donc de rendre l’âme et la vie éternelles. 

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