Rite essentiel de la foi catholique, l’enterrement figure la mise au tombeau du corps de Jésus de Nazareth après sa mort sur la croix. L’inhumation rassemble, autour du prêtre, les proches et la famille pour accompagner le défunt vers sa dernière demeure pour l’éternité mais aussi et surtout vers le royaume de Dieu. Ce moment douloureux vient ainsi achever une vie chrétienne, mais dans la foi chrétienne il est aussi empreint d’espérance en la résurrection d’une fille ou d’un fils de Dieu. L’amour du Christ est donc un élément central de cette cérémonie catholique parmi les plus importantes avec le baptême et la communion.

Qui contacter pour organiser les funérailles ?

Les obsèques catholiques sont organisées en concertation étroite avec l’équipe paroissiale du domicile du défunt ou de l’endroit où il est décédé. Il est généralement possible de demander aux pompes funèbres de réaliser cette mise en relation et de contacter un homme d’église. C’est évidemment inutile si le disparu était investi dans la vie de sa paroisse catholique.

Nombre de paroisses mettent désormais à disposition des proches et de la famille des défunts un accueil du deuil, généralement assuré par des laïcs reconnus par l’Eglise, ou diacres. Ils sont chargé d’apporter aux familles une assistance sur le plan matériel, en les accompagnant dans leurs démarches et la préparation de la cérémonie. Le choix des textes, des prières, éventuellement de la musique, sont autant de sujets sur lesquels ils peuvent apporter leur secours.

Un accompagnement dans la démarche spirituelle

Néanmoins, les équipes paroissiales ne contribuent pas seulement à l’organisation des funérailles. Elles apportent aussi leur expérience à la démarche spirituelle des proches et des familles dans un moment de grande douleur. Elles les aident notamment à comprendre toutes les dimensions de l’enterrement catholique et le message de la Bible.

La rétribution des activités sacerdotales est toujours motif d’interrogation pour les personnes amenées à organiser un enterrement catholique. Il faut savoir que les prières ou intentions insérées lors des messes ne sont pas, en tant que telles, rétribuées. En revanche, il faut avoir conscience des nombreux frais occasionnés par l’accompagnement des fidèles dans leur deuil: frais d’administration, de déplacement, longues heures de préparation…Dès lors, il est en principe prévu de réaliser une offrande en remerciement à la paroisse. Cette offrande est dans la plupart des cas traitée par l’entreprise de pompes funèbres, voire par la convention obsèques souscrite par le défunt avant sa mort. Elle représente environ 200 euros même si elle peut varier selon les diocèses.

Avant la mise en bière

L’équipe paroissiale indiquera aux proches si le défunt peut bénéficier d’un enterrement catholique. En effet, pour être enterré selon les rites et principes religieux du catholicisme, il est indispensable d’avoir été baptisé. Les bébés en bas-âge décédés avant d’avoir pu être baptisés peuvent être inhumés lors d’un enterrement catholique. De même que les personnes qui avaient manifesté, avant leur décès, la volonté d’être baptisées (les chrétiens catéchumènes). Cette règle s’explique par le fait que le mystère pascal est l’un des piliers fondateurs du christianisme, le baptême catholique est donc une étape essentielle de la vie d’un chrétien. Les personnes non-baptisées ne sont pas pour autant exclues entièrement de l’enterrement catholique puisqu’un temps de prière pourra leur être consacré, sans eucharistie ni aucun rite.

La prise en charge spirituelle du défunt peut commencer avant la mise en bière de son corps, et même parfois avant son dernier souffle. Ainsi l’ancienne “extrême-onction”, désormais dénommé Sacrement des malades a été codifié par la Constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum, du 30 novembre 1972. C’est une onction par l’huile lors de laquelle le prêtre prononce : « Per istam sanctam unctionem et suam piissimam misericordiam adiuvet te Dominus gratia Spiritus Sancti, ut a peccatis liberatum te salvet atque propitius allevet. (« Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève »). Cette onction a donc désormais une fonction multiple : apporter du réconfort aux malades, les libérer de leurs péchés, et accompagner les mourants comme autrefois.

Après le décès, et avant la mise en bière, une bénédiction peut aussi être prononcée par le prêtre. C’est aussi une possibilité offerte aux familles à l’entrée du cercueil dans l’église ou au moment de l’enterrement stricto sensu.  

Le déroulement de la cérémonie et la mise en terre

La cérémonie de l’enterrement catholique se déroule en partie à l’église. C’est une différence par exemple avec l’enterrement des juifs, qui se déroule au cimetière sans étape préalable à la synagogue. Dans la religion catholique, plusieurs rites sont célébrés par le prêtre ou l’officiant, sans qu’il s’agisse formellement d’une messe.

Le premier rite est le rite de la lumière, qui ouvre la cérémonie dans l’église. Des cierges sont distribués à tous les membres de la communauté chrétienne, tandis que le cierge pascal est la manifestation de la présence au monde de Jésus Christ après la résurrection. La liturgie de la parole, moment fort de nombreux temps catholiques, met la parole de Dieu au cœur de l’espérance et de la vie chrétienne. Le signe de croix au début de la célébration évoque la sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Evidemment il rappelle le sacrifice de Jésus crucifié et donc, là encore, l’espérance et la foi inébranlable en la résurrection. L’encensement illustre la montée du défunt vers le ciel tout autant que la montée des prières de ses proches vers les cieux elles aussi. Enfin, le rite de l’eau, à rapprocher bien sûr du baptême, consiste à asperger le cercueil d’eau bénite.

Après la cérémonie à l’église, le corps est transporté vers le cimetière pour procéder à la mise en terre. C’est sûrement le moment le plus intime et le plus puissant de l’enterrement catholique. On le réserve généralement à la famille et aux proches, ainsi qu’au prêtre ou au diacre. Il doit être soigneusement préparé, en particulier les textes et prières choisis. Il est possible d’accompagner la cérémonie de morceaux de musique: chants grégoriens, kyrie, mais aussi parfois le morceau préféré du défunt, en accord avec l’officiant, pour préserver le caractère le plus digne à la cérémonie au cimetière. .

Quelques prières importantes

Dans la chrétienté, les prières sont autant une manière de communier avec le Seigneur, de rendre hommage au disparu, que de diffuser la parole de Dieu. La liturgie de la parole est donc très importante pendant la cérémonie religieuse. La parole n’est pas une parole triste mais au contraire marquée par la joie et surtout la foi en la résurrection du christ et en la vie éternelle. Car “celui qui a toujours reconnu dieu pour son Seigneur peut paraître avec confiance devant lui. Mourir est ainsi le dernier acte d’une vie vécue dans la fidélité” comme le dit l’Epître de saint Paul aux Romains.

Il existe une très grande variété de lectures bibliques à disposition des familles et des proches du défunt. On distingue en général trois grands types de lectures. La première prière s’appuie sur l‘Ancien Testament et les Actes des Apôtres notamment. La seconde lecture est l’Evangile, la bonne nouvelle de Jésus Christ, qui ne peut être lu que par le célébrant.

Le Notre Père

Les prières universelles sont également essentielles, à l’instar du Notre Père dont la forme actuelle éditée par la conférence des Évêques de France est la suivante :

“Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen.”

Les prières les plus célèbres et les textes parmi les plus importants du dogme catholique à propos de la mort figurent au livre des Psaumes, au livre de la Sagesse ou en encore au livre des Lamentations. Une des plus émouvantes est la lecture du Livre de Job (19, 1.23-27a):

Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas.

Livre de Job (19, 1.23-27a)

Les idées principales portées par ces textes sont l’encouragement dans l’épreuve, la confiance dans la foi et dans la vie après la mort. L’espérance y occupe une place centrale. C’est aussi l’esprit des intentions de prières délivrées par des proches. Les textes non tirés des Saintes écritures peuvent être lus lors de la cérémonie. Ils ne peuvent cependant pas se substituer aux enseignements de la Bible. On les entend généralement après l’acte de Communion.

Les obsèques catholiques en cas de crémation ou de suicide

Les funérailles catholiques ont longtemps été réservées par la doctrine de l’église catholique romain aux personnes baptisées qui souhaitaient se faire enterrer. Les autorités du Vatican ont évolué sur deux questions importantes : la crémation et le suicide.

Pour ce qui concerne la crémation, elle fut interdite en France par Charlemagne dès le VIIIe siècle, ne fut autorisée qu’onzes siècle plus tard, en ne se développa qu’à partir des années 1980. Cette pratique, très fréquente chez les peuples protestants du nord de l’Europe, ne fut considérée conforme à la catholicité qu’à partir du concile Vatican II de 1963. Désormais, le prêtre peut procéder à une cérémonie, bénir le défunt lors de la levée du corps mais il accompagne rarement la dépouille jusqu’au crématorium. Sur le lieu de la chambre crématoire, il est admis de célébrer une cérémonie à caractère confessionnel, en présence d’un diacre en général.  

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En ce qui concerne le suicide, le concile de Braga au VIe siècle le reconnaissait déjà comme un “état de détresse”. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que certains personnages bibliques comme Samson ou Saül mettent fin à leurs jours, même si l’exégèse ne considère pas ces morts comme des suicides. Néanmoins, l’Eglise considère le suicide comme une atteinte à la vie humaine, à la Création et à l’amour du Dieu vivant, c’est aussi une cause de scandale s’il a vocation à influencer des tiers. Ces dernières années, le catéchisme a évolué pour offrir miséricorde aux personnes les plus fragiles : « On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie. » Une liberté d’appréciation est ainsi laissée aux autorités diocésaines pour accorder ou non au suicidé un enterrement catholique. Cela passe généralement par un entretien approfondi du prêtre avec la famille de l’être cher disparu.

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