C’est le choix ultime, et l’un des plus délicats : inhumation ou crémation ? En France, on constate une progression constante du nombre de personnes choisissant d’être crématisées (le terme d’”incinération” est de plus en plus souvent réservé aux objets, celui de “crémation” aux êtres animés). Les chiffres montrent que cette pratique est de plus en plus partagée. Au début des années 1980, elle était quasiment inexistante, désormais ce sont un tiers des défunts qui sont concernés par la crémation dans notre pays. Et même parfois plus de 50% dans les grandes agglomérations et métropoles. Pour le défunt c’est un choix intime, pour ses proches ayant à pourvoir à l’organisation des obsèques c’est une décision importante. Décryptage. 

Inhumation ou crémation, un choix intime 

Dernières volontés, recommandations religieuses, contraintes matérielles : de nombreux éléments incitent à préférer l’inhumation dans certains cas, la crémation dans d’autres. 

L’inhumation, la pratique la plus répandue

L’inhumation est sans conteste le rituel de funérailles le plus répandu à travers l’histoire et à travers le monde. Les premières sépultures attestées par les archéologues remontent à plus de 100 000 ans. De même, la présence de fleurs fossilisées sur des tombes de la Préhistoire montre que le choix de mettre ses morts en terre était déjà un acte d’hommage important. 

L’inhumation, ou enterrement, est aujourd’hui encore le rituel funéraire commun au plus grand nombre de religions et de cultures. A certaines exceptions notables, comme les Vikings qui étaient attachés à l’inhumation en eaux maritimes ou les Tibétains qui pratiquent l’inhumation céleste. Hormis ces quelques pratiques spécifiques, de nombreux humains pratiquent l’inhumation traditionnelle. En Occident, le rite de l’enterrement a diffusé son image dans toute la culture. Par exemple, la marche funèbre, composition musicale à l’origine réservée aux cortèges funéraires, est devenu un genre à part entière de la musique classique. Celle de Frédéric Chopin, dans sa Sonate pour piano no 2, est incontestablement la plus connue. 

Aujourd’hui, le choix d’inhumation est souvent guidé par le souhait de garder un lien. Par exemple un lien conjugal ou familial peut conduire à se faire enterrer dans le caveau qui accueille un conjoint, des ascendants ou descendants. Une attache forte à son village ou à son terroir peut expliquer également cette démarche. Ou simplement la volonté d’offrir à ses proches un lieu de recueillement avec une pierre tombale classique. 

La crémation, une solution obsèques de plus en plus prisée

Le choix de l’inhumation s’impose parfois en raison d’une interdiction religieuse de la crémation. En Islam, où le corps est promis à la résurrection, il est interdit de transformer ce qu’a réalisé le Créateur. Dans le judaïsme, l’intégrité de l’enveloppe corporelle est aussi sacrée. Dans certaines autres grandes religions, à l’inverse, la crémation est une purification recommandée voire obligatoire: c’est le cas pour les Sikhs, les religions hindouistes ou bouddhistes par exemple. Au sein du christianisme, les grands courants de pensée n’appliquent pas la même doctrine : les orthodoxes proscrivent la crémation, les protestants la pratiquent depuis le XIXe siècle, quant aux catholiques, ils l’ont autorisée en 1963. En France, Charlemagne l’avait interdite au VIIIe siècle et elle ne fut autorisée qu’en 1887, elle ne s’est donc développée que tardivement. 

Aujourd’hui, de nombreuses personnes et leurs proches choisissent la crémation. Les arguments sont divers. Certains athées ou agnostiques y voient des obsèques conformes à leurs convictions. L’argument écologique est régulièrement cité également. Sur un registre plus personnel : la crémation permet de conserver le défunt plus près de soi, d’emporter ses cendres lors d’un déménagement, par exemple plus près du domicile des enfants pour le conjoint survivant ou en EHPAD de plus en plus fréquemment. La crémation permet aussi de mieux respecter certaines dernières volontés comme la dispersion dans un lieu aimé comme en mer. Enfin, le prix des obsèques, notamment des concessions et de l’entretien des tombes, entre de plus en plus souvent en ligne de compte. 

Inhumation, crémation : des modalités d’organisation différentes 

Selon que le défunt sera inhumé ou crématisé, les conditions d’organiser diffèrent nettement sur certains points. 

Inhumation, les principales règle

Selon la législation française, la mise en terre du défunt doit avoir lieu plus de 24h et moins de 6 jours après le décès. Le maire de la commune de décès ou de destination du corps doit délivrer une autorisation et attribuer une parcelle pour une durée renouvelable ou perpétuelle. L’inhumation sera réalisée en pleine terre, la pierre tombale est alors disposée directement sur le sol, ou l’inhumation sera dite “en caveau”, ce qui permet d’accueillir plusieurs défunts d’une même famille.

S’il est formellement interdit de conserver un défunt chez soi ou de le déplacer sans agrément spécial, il est possible, sur autorisation du préfet de Région, de procéder à une inhumation sur un terrain privé. Néanmoins cela nécessitera l’intervention d’un hydrogéologue pour diagnostiquer le terrain et le respect de nombreuses normes de construction de la sépulture. 

Enfin, lors de la mise en terre au cimetière, le moment peut être personnalisé pour plus d’intimité. Un représentant religieux peut venir dire les textes rituéliques et les prières. De même, un ou plusieurs morceaux de musique peuvent être prévus pour donner de la profondeur et de la dignité aux funérailles. 

Comment se déroule les obsèques par crémation ?

Comme l’inhumation, la crémation devra être réalisée au moins 24h et pas au-delà de 6 jours après le décès. C’est un choix du défunt avant sa mort, ou de ses proches en l’absence de directives claires. 

Il est tout à fait possible de prévoir, avant la crémation, une cérémonie d’hommage religieux ou non-religieux. Les prêtres ne se rendent généralement pas au crématorium, mais la présence d’un diacre ou d’un pasteur est possible. 

Les démarches administratives sont propres à la crémation. Les organisateurs des obsèques doivent déposer auprès de la mairie une demande de crémation signée et datée, un acte de décès, l’attestation selon laquelle le corps ne fait pas l’objet d’un examen médico-légal, et selon laquelle il est exempt de pacemaker.

Lorsque le corps est crématisé, les proches et la famille peuvent assister à la mise en flamme mais pas à la crémation qui dure entre 1h30 et 2 heures. Un certificat de crémation et de destination est ensuite délivré par le crématorium. Une éventuelle dispersion devra faire l’objet d’une déclaration. 

On évoque souvent le coût moindre de la crémation, car il est vrai par exemple qu’aucune pierre tombale n’est exigée, ou que le cercueil est moins onéreux que pour une inhumation. Néanmoins, le choix d’un cavurne pour enterrer l’urne, ou certains débours pour les déplacements d’urnes peuvent occasionner des frais supplémentaires. 

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