Que l’on soit mélomane ou non, la musique est omniprésente tout au long de la vie : des comptines de l’enfance aux concerts entre amis, des hymnes nationaux aux grands airs classiques célébrissimes…de nombreux souvenirs sont directement associés à une mélodie, une chanson d’amour ou un interprète favori. Lors d’un décès, la musique peut aussi faire partie des préparatifs incontournables pour rendre un hommage intime et personnel à la personne disparue. Elle permet à la fois d’évoquer des aspects de sa personnalité et de son existence. Elle offre, aussi, la possibilité d’exprimer envers le défunt ou la défunte, des sentiments pour lesquels il n’est pas toujours aisé de trouver les mots. La musique a donc tout à fait sa place dans une cérémonie funéraire, à laquelle elle donnera aussi une atmosphère et un rythme choisis par les organisateurs des funérailles. Si elle ajoute une dimension personnelle, voire spirituelle, aux obsèques, elle ne doit bien sûr en rien les perturber ni amoindrir la dignité de ce moment crucial d’hommage. Il appartient donc aux organisateurs, déjà confrontés à de multiples démarches dans un moment de peine intense, de faire des choix judicieux et de bon goût. Focus sur un élément essentiel des cérémonies d’enterrement : la musique.

Quelle place pour la musique pendant la cérémonie ?

Les enterrements sont des moments solennels lors desquels les vivants témoignent de leur attachement au disparu et évoquent leur douleur et leur peine face à sa disparition. C’est la toute première phase d’un travail, parfois long, de deuil et de construction d’une “vie d’après”.

Dans cette phase, c’est souvent la parole qui est convoquée. Dans les cérémonies protestantes, où la crémation est plus fréquente, on ne recommande pas le défunt au Seigneur mais on témoigne en direction des vivants, évoquant des morceaux de vie et des moments heureux par exemple. Dans les cérémonies juives, il est fait obligation (issue notamment de la lecture du Lévitique) de louer les qualités de la chère ou du du cher disparu : c’est un impératif moral et religieux.

Dans les cérémonies catholiques, on mêle avec mesure les textes sacrés (Ancien et Nouveau testaments, Actes des apôtres, passages de l’évangile…) et les textes profanes: par exemple il est fréquent de débuter la cérémonie par une lecture sur le parcours de vie de la personne disparue, qui peut être énoncée tant par le célébrant que par un proche ou un membre de la famille.

Il existe aussi divers moments lors desquels la musique peut prendre toute sa place et sa fonction d’invitation au recueillement et au respect des défunts. La cérémonie catholique se compose principalement de quatre temps : l’accueil, la parole, le recueillement et l’”à Dieu”, qui comprennent chacun des moments propices à un accompagnement musical. Lors de l’entrée dans l’église et de la sortie, ou encore de l’important rite dit “de la lumière”, lors du recueillement après l’homélie du célébrant et de communion, puis de la bénédiction du corps…Il est essentiel de se concerter avec l’officiant et l’équipe paroissiale chargée des rites funéraires pour établir un programme en harmonie avec chaque temps de la cérémonie. Dans les cérémonies non-religieuses, la place de la musique est évidemment beaucoup plus libre et ne relève que de la libre appréciation des proches et des dernières volontés exprimées par le défunt avant sa mort, le cas échéant.

Il est ainsi tout à fait possible de prévoir, en prévision de ses derniers moments, une organisation précise de ses propres obsèques, où diffuser un morceau par exemple qui a particulièrement compté dans son existence. En la matière, les possibilités sont tout à fait nombreuses et diverses.

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Quels morceaux choisir ?

La question la plus délicate est souvent : quelle musique choisir précisément ? Il faut d’abord déterminer, le plus souvent selon le budget des obsèques, qui interprétera la musique de l’enterrement : faire appel à un choeur ou un groupe ? A un interprète solo ? Recourir à une musique instrumentale ou à des morceaux pré-enregistrés et diffusés par une sono le jour des funérailles ? Toutes les solutions sont envisageable selon le format, le lieu et les contraintes des obsèques. Il faudra aussi obtenir l’avis, et même l’accord, du célébrant, qui pourra discrétionnairement accepter ou non des musiques profanes.

Il est souvent d’usage de ne diffuser, lors des cérémonies religieuses, que des chants sacrés, et éventuellement du gospel s’il s’agit de chants sacrés là-encore. A noter également qu’il est possible de diffuser de la musique au cimetière mais que certains lieux l’interdisent ou exigent un volume sonore respectueux de la sérénité des lieux. Dans tous les cas, les chants et musiques susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à la dignité du défunt sont totalement proscrits.

Le plus important est de veiller à choisir une composition fidèle à la personnalité du défunt et qui permettra à l’assistance de célébrer son lien avec lui dans un dernier adieu empreint de recueillement. Parfois, il vaut mieux ne pas sélectionner un morceau trop connu ou trop diffusé sur les ondes, afin que chaque passage à la radio ou à la télévision ne réveille pas une douleur trop vive.

De nombreuses chansons ou partitions sont plébiscitées pour les enterrements et correspondent aux goûts musicaux les plus variés. On pourra citer, dans des styles très divers :

  • Puisque tu pars (Goldman),
  • Magnificat (Bach),
  • les Ave Maria,
  • My Way (Sinatra),
  • Goodbye My Lover (Blunt),
  • La Prière (Brassens),
  • Laudate Dominum (Mozart),
  • Con te partiro (Bocelli),
  • l’Amazing Grace,
  • Sicilienne (Fauré),
  • Now We Are Free (Morricone),
  • Ne me quitte pas (Brel),
  • Farewell to the Creeks Bagpipes (cornemuse)…

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