Un décès est toujours un moment de douleur, de peine et de trouble mais aussi de démarches diverses qui peuvent s’avérer particulièrement pénibles pour les proches du défunt. Organiser des obsèques correspondant avec précision à la personnalité et à la vie de la personne disparue n’est pas toujours chose aisée, surtout si des désaccords surviennent au sein du cercle familial. Pour toutes ces raisons, mais aussi pour des raisons philosophiques et religieuses, il est tout à fait possible d’exprimer ses dernières volontés avant son décès. Lieu, musique, personnes invitées, forme des funérailles, etc…de nombreux détails peuvent être minutieusement prévus à l’avance, notamment pour offrir à ses proches le meilleur souvenir de soi-même et les soulager d’un fardeau au moment auquel ils seront les plus fragiles. Tour d’horizon des diverses possibilités, et de quelques limites, au respect des dernières volontés, réputées les plus sacrées.

Les volontés concernant les derniers soins

On l’oublie trop souvent mais les dernières volontés ne concernent pas seulement les choix de la personne disparue. Elles peuvent aussi être destinées à la période qui précède le décès, mais pendant laquelle le patient serait trop malade ou trop âgé pour pouvoir exprimer clairement ses desiderata concernant sa fin de vie. Une personne en fin de vie est atteinte d’une affection grave et incurable, en phase avancée ou terminale. Ce sont ses directives anticipées qui vont alors s’appliquer si elles existent. Elles sont donc particulièrement importantes pour ce qui concerne une opération chirurgicale délicate, une décision de réanimer ou non le patient, ainsi qu’un soulagement des souffrances jusqu’au risque de décéder par exemple.

Existe-t-il une forme obligatoire ? Non, elles peuvent être rédigées sur papier libre, voire transmise oralement à deux témoins dont l’un les rédigera, voire en confiera la rédaction à un tiers. Dans tous les cas, il est surtout essentiel de faire connaître ses directives anticipées de fin de vie, qui ont une durée illimitée et sont modifiables à tout moment. Pour être sûr qu’elles parviennent jusqu’au médecin qui prendra les décisions cruciales, il peut être particulièrement utile de disposer d’un dossier médical partagé ou d’avoir transmis ses directives anticipées à son médecin traitant. Le corps médical est dans l’obligation de suivre ces directives, sauf évidemment si elles enfreignent la loi ou ne sont pas médicalement justifiées: dans ce cas une décision collégiale est prise par plusieurs personnes à l’initiative du médecin.

Le testament

Après un décès, il n’est pas toujours aisé pour les proches de savoir exactement quelles étaient les dernières volontés du défunt ou de la défunte. Un exemple célèbre de cette ambiguïté figure dans le testament de l’ancien président de la République François Mitterrand qui stipulait : “une messe est possible”. Il est donc conseillé de faire preuve du maximum de précision si l’on attache une attention particulière à ses futures obsèques. Le plus pratique est de déposer un testament au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), qui rendra les vœux du défunt rapidement et facilement accessible. Confier une lettre manuscrite au notaire suffit, c’est un testament olographe. Lui demander de rédiger le testament sous votre dictée lui donne un caractère authentique. Enfin, un testament qui lui est confié mais sous scellé est couramment appelé “mystique”. La tâche d’exécuteur testamentaire n’est ainsi pas du tout anecdotique, puisque celui auquel elle incombe doit absolument respecter les dernières volontés du défunt. Faute de quoi, il encourt une peine d’emprisonnement de 6 mois et une amende de 7 500 euros.

A noter qu’il n’est pas obligatoire d’avoir recours à un notaire, mais cela évite de nombreux désagréments comme la perte du document, sa contestation par les héritiers, ou tout simplement sa destruction ou son vol lors d’accidents de la vie courante comme un cambriolage ou un dégât des eaux. Il est important en outre de se renseigner sur les impossibilités concernant un testament, qui ne peut pas tout régler post-mortem. Certains domaines relèvent de la loi ou des réglementations administratives. C’est le cas notamment des successions: il n’est pas possible en France de déshériter l’un de ses enfants. Cependant, il existe une part d’héritage appelée “quotité disponible” qui reste à l’entière discrétion de la personne disparue, et qui peut être en effet répartie par un testament. Il faut alors veiller à bien identifier chaque bénéficiaire, notamment grâce à leur date de naissance, pour éviter des confusions, entre autres par homonymie, fréquente entre plusieurs membres d’une même famille.

La cérémonie et le corps du défunt

Il est tout à fait possible de préciser de son vivant si l’on préfère être inhumé ou crématisé. Il est aussi possible de choisir les détails de la cérémonie : fleurs, musique, office religieux… Il convient de se renseigner bien sûr sur le coût des obsèques pour être assuré que les proches seront en mesure de les organiser.

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Certaines pratiques sont aussi encadrées par la loi. Sur la forme, les dernières volontés doivent respecter la dignité du défunt et les législations en vigueur: une inscription dégradante ou insultante sur une pierre tombale, comme des propos racistes ou ux*n trouble à l’ordre public sont interdits lors de la cérémonie.

Pour ce qui concerne le lieu des funérailles: le défunt doit en principe être enterré sur le lieu de sa résidence, de son décès, ou bien dans une concession dont il dispose dans une autre commune. L’inhumation sur un terrain privé ne se pratique plus guère mais peut encore, sous conditions, être autorisée par le maire de la commune. Quant à l’incinération, elle ne peut donner lieu à conservation des cendres à domicile ni à dispersion dans n’importe quel lieu : des jardins du souvenir sont désormais utilisés pour accueillir les urnes funéraires et les éventuelles dispersions de cendres. Pour ce qui concerne les rapatriements à l’étranger ou depuis l’étranger, c’est la préfecture qui donnera son autorisation pour respecter les dernières volontés du défunt.

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