| Révélateur
floral
C’est en 2004, à Paris, que cet artiste installait
ses sculptures de bois peint représentant des plantes
de façon réaliste, notamment des mauvaises herbes
et des fleurs : camélias, magnolias, roses, anémones
et amaryllis... L’hyperréalisme de ces oeuvres
explorait l’espace où elles étaient installées.
Quand c'est le cas pour la vraie plante, les tiges sont creusées
en leur centre.
Pour expliquer sa démarche Mr. Suda explique laconiquement
« ... à l’intérieur de moi, la plante
prend forme à l’état de bois sculpté
». |
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Très souvent, l’artiste choisit
des lieux spacieux ou presque vides et place ses sculptures
à des endroits inattendus, fissures cachées
ou emplacements périphériques.
Parce qu’elles ne sont pas protégées,
les sculptures de bois de Mr. Suda permettent au spectateur
de se confronter directement à l’oeuvre, créant
surprise intime ou hilarité.
Il confère une importance égale à tout,
mauvaises herbes ou fleurs, véritables ou artificielles,
petites ou grandes, etc...
Les sculptures sont souvent isolées, dans une position
intenable. Ainsi, seuls quelques pétales touchent un
mur et la fleur s’y suspend. Sont ainsi dérangées
nos représentations classiques, basées sur la
mémoire, et notre façon de regarder l’objet. |
| Malgré
leur taille minuscule et leur apparence fragile, ces sculptures
se caractérisent par une présence qui dynamise
l’espace alentour.
Une tension est ainsi créée, ouvrant des moments
d’interaction entre l’environnement, la forme
sculptée et le spectateur.
L’artiste étudie le concept d’espace d’exposition
et du fonctionnement de l’art contemporain. En utilisant
la fleur, dont l’image et le symbolisme sont bien ancrés
dans nos imaginaires, la question se pose naturellement. |
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Vers l’abstraction
florale
La fleur n’est plus seulement l'objet figuratif permettant
de démontrer la maîtrise technique de l’artiste.
Par ses seules lignes, la forme du végétal sert
beaucoup à exprimer les idées abstraites.
Dans l’art moderne, la fleur apporte une approche esthétique
innovante par le biais de la photographie, de la vidéo,
d’une installation et même de la sculpture. Depuis
les années 1990, ces deux derniers champs artistiques
ont été saisis par l’artiste japonais
Yoshihiro Suda.
Dans une situation particulière,
la beauté de la fleur est parfois détournée,
mise en réserve, disséquée ou transfigurée.
Nous ne sommes parfois pas loin de l'univers féerique,
futuriste voire pessimiste ou morbide.
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Clematis Yoshihiro Suda, Clematis,
2004, bois peint. Galerie Douglas Hyde. |